Nautisme

Les navigateurs à l'assaut de l'une des plus belles baies du monde

La baie des Flamands, inscrite au club des plus belles baies du monde, servira d’écrin à l’arrivée des concurrents de la Route du Café. Une destination que tout impose !

C’est l’histoire d’une évidence que le destin a choisi de révéler au bon moment. Relier Le Havre à la Martinique, pour la plus longue course au large en double, est plus qu’un choix géographique. Outre leur lien historique lié au café, les deux destinations partagent également une dimension culturelle et nautique.

Il y a deux ans, la Martinique portait le dossier d’inscription sur la Liste du patrimoine immatériel de l’humanité pour ses yoles, embarcations typiques de l’île et supports de courses traditionnelles disputées chaque année. Damien de Longueville, dont l’entreprise est localement partenaire d’une association d’éducation et d’insertion par la pratique de ce sport, a l’idée de créer l’événement autour de cette candidature en conviant de grands skippers à naviguer dans la baie et pratiquer la yole. La démarche auprès de l’Unesco aboutit en décembre dernier. La Martinique partage dès lors un autre point commun avec Le Havre dont le centre-ville reconstruit figure sur la Liste du patrimoine mondial.

De la yole à la course au large

Parmi les skippers invités, Gilles Lamiré, le vainqueur en Multi50 de la Transat en 2019 avec Antoine Carpentier (Groupe GCA – Mille et un sourires), suggère que Fort-de-France soit candidate comme ville d’arrivée de l’édition 2021. Damien de Longueville crée alors l’association Martinique Transat avec le Comité martiniquais du tourisme, pour le succès que l’on sait. Désormais, l’île et sa capitale se préparent activement à accueillir les marins, leurs navires et l’attention des médias. Une marina éphémère et un village d’arrivée réuniront de nombreux acteurs locaux du tourisme, du nautisme et des savoir-faire locaux.

D’autres coopérations transatlantiques, notamment sur plan éducatif, ont également été mises en place par les Académies respectives. Enfin, la filière café de la Martinique, en pleine renaissance, profite de l’événement pour accentuer sa promotion. Une vingtaine d’exploitants remettent au goût du jour les plants « arabica tipica » importés au XVIIIe siècle. « Tout compte fait, la première Route du Café entre Le Havre et la Martinique remonte à 1723, date à laquelle les premiers plants de café sont arrivés pour être plantés sur l’île », rappelle en souriant Damien de Longueville.

La communauté antillaise au Havre
À partir du début des années 1960, les Antillais arrivent nombreux au Havre pour y travailler comme navigants ou douaniers, puis pour participer à l’essor industriel, notamment avec l’ouverture de l’usine Renault à Sandouville. À cette époque, la communauté, qui s’intègre aisément, grandit et aime se retrouver lors d’occasions festives ou folkloriques à la salle des fêtes de Graville, avec les Havrais. Aujourd’hui, les actifs d’hier ont pris leur retraite et, pour beaucoup, sont retournés vers leurs îles natales. Les plus jeunes ont, pour certains, étudié et débuté leur vie professionnelle, au Havre ou ailleurs. D’autres jeunes Antillais choisissent toujours Le Havre pour leurs études supérieures en métropole. La communauté antillaise, moins nombreuse, reste ainsi indissociable de l’histoire moderne du Havre.